Vos Majestés, Altesses Royales, Excellences, lauréats honorés, membres de la famille Roosevelt, Son Excellence Moazzam Ahmad Khan, ambassadeur du Pakistan, chères sœurs et chers frères,

Je suis profondément honorée d’être parmi vous aujourd’hui.

Je remercie ces personnalités remarquables qui œuvrent pour que chaque être humain puisse bénéficier des droits fondamentaux, quelles que soient son identité ou son origine.

Je suis ici aujourd’hui pour vous remercier de m’avoir décerné la Médaille de la liberté de vivre sans peur.

Ma famille, le peuple du Pakistan et moi-même savons ce que signifie réellement la peur.

Je me souviens de la manière dont les terroristes ont infligé des atrocités inhumaines aux habitants de la vallée de Swat.

Je me souviens de nos écoles bombardées et des filles à qui l’on interdisait d’aller à l’école.

Je me souviens des fidèles de Dieu brutalement assassinés dans des mosquées, des églises et des temples.

Je me souviens de la manière dont les terroristes exploitaient les personnes les plus vulnérables de notre société – les pauvres, les chômeurs et les plus démunis – avant de les recruter et de les transformer en kamikazes.

Chères sœurs et chers frères, lorsque les talibans ont frappé la vallée de Swat, ils y ont semé une terreur extrême : ils ont massacré des habitants, fouetté des jeunes filles, bombardé des écoles et propagé la haine.

Des centaines, voire des milliers de personnes ont été tuées. Beaucoup d’entre elles ont choisi de garder le silence, tant la peur du terrorisme était grande. Cette peur est pire que celle provoquée par une guerre traditionnelle. Face au terrorisme, on ne sait ni où ni quand soi-même ou sa famille peuvent être pris pour cible. La mort vous suit constamment comme une ombre.

À cette époque, j’ai compris que deux choix s’offraient à moi : soit me taire et attendre d’être tuée, soit prendre la parole en sachant que je risquais d’être tuée. J’ai choisi la seconde option.

Chers frères et sœurs, pour moi, la paix ne signifie pas seulement l’absence de guerre ; elle signifie aussi l’absence de peur.

La paix, c’est un monde où chacun jouit de la liberté de parole, de la liberté d’expression, de la liberté de religion, du droit de vivre à l’abri du besoin et du droit de vivre sans peur.

Je suis très heureuse de voir qu’il existe tant de personnes dans le monde qui me soutiennent et m’apportent leur affection et leur espoir. Des millions de personnes aspirent à la paix, à la justice et à l’égalité.

Aujourd’hui encore, alors que je me tiens devant vous, des enfants, partout dans le monde, sont privés de leur droit fondamental à l’éducation. Nous devons leur donner le courage de vaincre la peur, leur donner l’espoir d’avancer et élever notre voix afin qu’ils puissent être entendus.

Aujourd’hui, j’élève ma voix pour mes sœurs nigérianes qui souffrent encore de leur captivité entre les mains de Boko Haram. Je partage leur douleur, celle de leurs parents et de leurs communautés. J’espère de tout cœur que mes sœurs pourront bientôt retrouver leur foyer en toute sécurité, car des millions de personnes se sont mobilisées pour demander leur libération.

“La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée.”

~Platon