

Son engagement se déploie sur plusieurs plans :
1. Contre la guerre en Ukraine
Dès février 2022, elle prend publiquement position contre l’invasion russe. Elle participe à une manifestation anti-guerre le jour même du début de l’offensive, ce qui lui vaut une arrestation. Elle écrit ensuite plusieurs poèmes dénonçant la guerre, notamment autour du bombardement du théâtre de Marioupol, devenu pour elle un symbole de la destruction de la culture et de la vie civile.
2. Un féminisme politique
Son travail artistique est profondément féministe. Sa pièce Finist, le clair faucon raconte comment des femmes russes vulnérables sont manipulées par les réseaux djihadistes. L’intention était de montrer les mécanismes d’emprise et de domination patriarcale. Ironiquement, c’est cette pièce qui a servi de prétexte à son inculpation pour « apologie du terrorisme ».
3. Le théâtre comme espace de vérité
Berkovitch appartient à la génération de Kirill Serebrennikov, pour qui le théâtre n’est pas seulement esthétique mais politique. Beaucoup de ses mises en scène utilisent des figures historiques (Jeanne d’Arc, Brodsky) comme miroir de la justice russe contemporaine. Son art cherche constamment à interroger le pouvoir, la violence institutionnelle et la mémoire.
4. Travail social et humanitaire
Elle a aussi mené des projets avec des enfants d’orphelinats et des jeunes vulnérables, en utilisant le théâtre comme outil de reconstruction et d’émancipation. Cet aspect est moins médiatisé mais central dans son parcours. Son cas est devenu emblématique parce qu’il montre comment, dans la Russie actuelle, la poésie, le théâtre et la parole critique peuvent être traités comme des actes politiques. Sa condamnation à six ans de colonie pénitentiaire en 2024 a suscité une forte mobilisation internationale.