Rédigé neuf mois après le début de l’invasion à grande échelle, ce dernier poème est la conclusion crue et terrible de ce que produit la guerre d’agression de la Russie en Ukraine : sous les drones russes « insouciants », la mort et la désolation.

Tout est wagons et convois.
Nos voies se sont séparées.
Il s’est écoulé neuf mois,
Et cependant rien n’est né.

Sauf des coins sales et gris,
Sauf de la boue sous les pieds.
Des maisons origamis,
Pliées, pliées, repliées.

Une nuit gouffre sans fond,
Un ciel rouge ardent brasier.
Neuf mois de gens sans maison,
Neuf éternels févriers.

Des oisillons à rotors,
Filant avec insouciance
Regarder naître la mort
Et mourir toute naissance.

26 novembre 2022

“La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée.”

~Platon