TABLEAU I : L’atelier à Annonay – DURÉE : 30 : 40

1 – Feuilles de papierParoles

Marianne (au public) :
Eh oui ! Chez nous, les Montgolfier, on fabrique du papier.
Nous sommes seize frères et sœurs à travailler à l’usine.
Moi, je m’appelle Marianne.
Et mes frères… eux, ils ont des idées bien étranges.

Joseph, rêveur regardant le ciel par la fenêtre interpelle Marianne.
Tu les vois, Marianne ? Les oiseaux…
Ils vont où ils veulent, sans chaînes, sans murs… libres.

Marianne (doucement) :
Oui, mon doux rêveur … ils sont libres.

Étienne (levant les yeux de ses plans et soupirant) :
Pfff… encore tes histoires d’oiseaux !

Joseph (piqué) :
Oh toi !

Étienne : Le secret n’est pas dans les ailes, Joseph.
Il est dans les lois de la nature.

Joseph (moqueur) :
Les lois ?

Étienne :
Oui. L’air, la chaleur, le poids… tout s’explique.
Si un oiseau vole, c’est qu’il obéit à des règles.

Joseph (s’animant) :
Moi aussi, j’observe ! Je regarde leur liberté !

Étienne :
Observer ne suffit pas ! Il faut mesurer, calculer, comprendre.

Joseph (piqué) :
Et toi, avec tes chiffres, tu oublies l’essentiel !

Étienne (plus fort) :
Et toi, avec tes rêves, tu oublies la réalité !

2 – Étienne et JosephParoles

Joseph sort, les ouvriers deviennent de véritables statues.

Marianne (au public) :
Et le pire c’est que Joseph avait raison
Il l’a eu son « éclair de génie » !
Mon père l’avait envoyé en Avignon pour vendre du papier. Seul dans sa chambre, il observe les flammes danser et la fumée monter vers le ciel. Soudain, il prit sa chemise, la boutonna par le col et la tendit au-dessus du feu.
Et là… un miracle se produisit. Peu à peu, la chemise se gonfla sous l’action de l’air chaud…
Elle se souleva, légère comme une plume… et commença à s’envoler.

Joseph arrive essoufflé en criant difficilement :

Joseph : Etienne, (long silence) J’ai trouvé !

Mes amis, approchez ! J’ai besoin de vous tous. Il nous faut des mains habiles, des aiguilles solides et beaucoup de courage !

Découpez de grands carrés de toile ! Les plus grands possible ! Assemblez-les avec soin, sans laisser le moindre trou. Chaque couture doit être solide, car notre ouvrage devra résister au vent.

Et maintenant, recouvrez cette toile de papier. Oui, de papier ! Collez-le bien, partout. Il faut empêcher l’air de s’échapper. Plus notre ballon sera étanche, mieux il s’élèvera dans le ciel.

Alors, au travail ! Cousez, collez, découpez ! Chaque point d’aiguille nous rapproche d’un rêve que personne n’a encore osé réaliser. Un jour, les hommes regarderont le ciel… et ils verront notre ballon voler !

Le Chœur (en levant les yeux au ciel) : Merci, Joseph !

3 – On a cousu des ballonsParoles

Marianne (au public) :
Nos ballons se sont élevés à plus de trente mètres du sol ! Étienne et Joseph n’avaient plus qu’une idée en tête : montrer leur découverte à tous les habitants de la région. La nouvelle se répandit rapidement et, le jour venu, une foule curieuse se rassembla pour assister à un spectacle annoncé comme extraordinaire. Dans la cour du couvent des Cordeliers, petits et grands, membres des États du Vivarais sont au rendez-vous, les yeux levés vers le ciel, impatients de découvrir ce que les frères Montgolfier avaient imaginé.

4 – Que se passe-t-il ?Paroles (remarque : sur la bande son, il faut couper le son de la voix qui est décalée)

Marianne (au public) : Ce passage est optionnel.
La montgolfière est née ce jour-là, le 04 juin 1783 à Annonay. Cette grande enveloppe de papier gonflée à l’air chaud marque le début de la conquête des airs et fait d’Annonay le berceau historique de la montgolfière.

NOIR – LE RIDEAU SE FERME

TABLEAU II : Versailles

Personnage type La Castafiore dans une caricature d’opéra devant le rideau (racle la gorge, se prend la température, fait reprendre le pianiste, souri presque gêné au public qu’il méprise … Pendant les passages musicaux du chant, le personnage fait des manières très marquées, s’impatiente du passage trop long du pianiste. A la fin du chant lorsque l’on entend les voix off, le personnage sourit pensant être ovationné par le public, redevient méprisant et s’en va)

6 – VersaillesParoles

Étienne : Chère Marianne. Depuis que nous sommes à Paris, nous travaillons d’arrache-pied à construire un nouveau ballon. Tout n’est pas toujours facile…Heureusement, notre ami M. de Réveillon, le directeur de la manufacture royale des papiers peints, nous apporte une aide précieuse.

Joseph :
La semaine dernière, en faisant voler notre premier ballon, la pluie l’a endommagé.
Quelle catastrophe ! Il a fallu tout recommencer… Nous avons failli renoncer…

Étienne
Mais nous avons redoublé d’efforts et nous serons prêts dans les temps.
Il paraît que le Roi et la Reine sont très impatients de voir décoller un ballon dans la Cour de Versailles. Et nous aussi, inutile de te le dire !

Joseph
Sais-tu ce que nous avons décidé ? Nous suspendrons une nacelle à notre ballon
et nous y ferons monter des animaux.
Il y aura un canard, un coq, et un mouton…

Marianne
Un canard, un coq, un mouton ? Oh, les pauvres !

7 – Un canard, un coq, un moutonParoles (le rideau s’ouvrira au moment de l’acclamation de la foule à la toute fin de la chanson)

Le Roi (Très théâtral) : C’est fantastique

La Reine (Très théâtral) : C’est fabuleux

Le Roi : C’est magnifique

La Reine : C’est prodigieux

Le Roi : C’est féérique

La Reine : C’est merveilleux

Le Roi : C’est poétique

La Reine : C’est historique

Le roi
Dites moi, la date du prochain vol est-elle fixée ?
Le ballon est-il prêt à reprendre les airs ?

Étienne
Oui, Majesté. Tout est prêt.
Le ballon est solide, les essais ont réussi.

Joseph
Mais cette fois, Sire…
nous voudrions aller plus loin.

Le Roi
Plus loin ? Que voulez-vous dire ?

Marianne
Majesté… nous souhaitons faire monter des hommes à bord.

Le Roi
des hommes ?
Jamais ! C’est bien trop dangereux !

Étienne
Sire, nous avons confiance en notre invention.

Joseph
Ce vol pourrait entrer dans l’Histoire…

Le Roi
Et si cet homme tombait ?
Et si le ballon prenait feu ?
Non ! Je refuse de risquer une vie pour une expérience.

Étienne
Mais Sire…

Le Roi
Ma décision est prise.
Aucun homme ne montera dans ce ballon !

8 – Le roi dit nonParoles

Marianne (Marianne s’approchant de la nacelle à l’intérieur de laquelle se Pilâtre de Rozoer et le Marquis d’Arlandes) :
Et c’est ainsi que le 21 novembre 1783, deux hommes montent à bord du « Réveillon », le plus beau ballon jamais construit.

Le chœur en laissant visible pour le public la nacelle, s’avance sur l’avant scène et réagi.
Personnage 1 : Ils vont vraiment monter là-dedans ?
Personnage 2 : Regardez la taille de ce ballon !
Personnage 3 : Vous croyez vraiment que ça va voler ?
Groupe 1 : Évidemment que ça va voler ! Les Montgolfier sont des savants !
Personnage 4 : Regardez ! Le ballon bouge !
Groupe 2 : Regardez-les s’élever !
Tout le chœur lève la tête vers le ciel (sans tendre au niveau des gorges)
Personnage 5 : Ils vont toucher les nuages !
Personnage 6 : Ou tomber sur nos têtes ! (rires de la foule et image fixe)
De la nacelle, Pilâtre et d’Arlandes prennent la parole
Pilâtre : Regardez, d’Arlandes !
D’Arlandes : Je regarde !
Pilâtre : Non… regardez en bas !
D’Arlandes se penche légèrement par-dessus la nacelle. Il fait un signe à la foule qui sur scène répond.
Les deux contemplent alors le paysage et ne peuvent s’empêcher de réagir :
Pilâtre et d’Arlandes : Oh…
Personnage 7 : Alors, comment est-ce là-haut ?
Personnage 8 : Comment vous sentez- vous ?
Personnage 9 : Avez-vous touché les nuages ?
Personnage 10 : Quelle est la couleur du ciel ? Racontez-nous !
Pilâtre : Alors… fermez les yeux.

ÉPILOGUE :

9 – Je voleParoles

10 – Reprise Je vole pour le salut

“La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée.”

~Platon